Vendredi 25 juin, je prenais le départ du Grand Raid du Golfe du Morbihan.
Beaucoup de stress, notamment dû à la distance (178 km), mais aussi à ma première expérience.
19h00 : nous sommes 540 sur la ligne de départ. Avec la chaleur qui plombe et au son de la musique bretonne, nous partons à l'assaut des sentiers côtiers.
Les meilleurs français sur la distance sont présents, puisque ce raid fait parti du circuit national.
Le départ se fait sur le parcours du marathon de Vannes, avec un sol souple qui m'amène à aller trop vite (10,5 à 11 km/h) pour ce genre d'épreuve. Je ne vais d'ailleurs pas tarder à m'en rendre compte. On appelle ça ''le baptême du feu" ou bien encore "se faire son expérience".
La nuit arrive vers 23h, et nous sommes accompagnés toute la nuit par un clair de lune qui permet d'avoir un champ de vue plus large. Je n'ai pas trouvé la nuit longue, et la fraîcheur relative permet d'avancer. 4 chutes vers 4h00 du matin par manque de concentration (somnolence).
Arrivé à Port Navalo vers 5h15, 90 km parcourus, où on m'annonce 8ème en raison d'abandons déjà très importants. A cela, je réponds que nous ne sommes qu'à la mi-temps du match. C'est là, je crois, que je prends conscience de mon départ rapide.
Après 10 min de traversée en zodiac, pointage à Locmariaquer, et c'est reparti pour les 90 derniers km.
A partir de ce moment, je n'ai fait que de la marche, car la course est devenue trop difficile, et je constate que lorsqu'un raideur me passe, c'est 2 km/h de plus environ. Mais l'important, c'est de toujours avancer.
Au poste du 125è km, M-Claire est là pour me fournir des vêtements secs, ainsi que des chaussures propres. Ce changement de chaussures sera un handicap par la suite, car j'ai oublié de me pommader les pieds. Résultat : 2 grosses ampoules plantaires, et 2 ongles décollés.
Les kms défilent plus ou moins vite, entre 4 et 6.5 km/h, mais je ne perds pas trop de places. Des moments difficiles succèdent à de bons passages, mais arrivé au 170è km, je sais que je vais y arriver.
Retour sur Vannes, où nous retrouvons à nouveau le parcours du marathon, dont je connais bien le final, mais avec la différence d'allure (de 15km/h à 6 km/h) l'avancée n'est pas rapide. Il faut d'ailleurs que je m'équipe à nouveau de la frontale vers 22h30.
Puis l'heure de la libération arrive : les lumières du port se rapprochent, avec un public plus nombreux.
Vers 23h30, je franchis l'arche d'arrivée en 28h09min, très fier de l'avoir fait, et "Finisher" de cette épreuve.
J'ai beaucoup appris au cours de ces 28h00. Certainement qu'une prochaine fois, je serai différent dans la gestion de ce genre d'épreuve.
A faire, pour ceux qui aiment les raids mais également pour la beauté du site.
Récit du dossard N° 500, Jean-Michel Serisier "Finisher".